dimanche 22 mai 2011

TUNISIE : Amélioration de la situation de la liberté de presse

Tunis, Tunisie, le 15 avril 2011 - Lors de sa septième mission formelle en Tunisie, la seconde depuis que le Président Zine El Abedine Ben Ali a fui le pays le 14 janvier, une délégation du Groupe d'observation de la Tunisie organisé par l'Échange international de la liberté d'expression (TMG de l'IFEX) a passé plus d'une semaine à rencontrer un vaste éventail d'intervenants, anciens et nouveaux, dans le cadre de son évaluation constante de la situation de la liberté d'expression dans le pays. Le TMG de l'IFEX est une coalition de 20 groupes membres de l'IFEX qui surveillent la situation de la liberté d'expression en Tunisie depuis 2004. 
Dans un contraste frappant par rapport aux missions précédentes, la délégation de sept groupes membres du TMG de l'IFEX a pu rencontrer des groupes de la société civile, des défenseurs des droits de la personne, des journalistes, des blogueurs et des représentants de tout le spectre politique, et s'entretenir ouvertement avec eux. On a largement salué le travail du TMG de l'IFEX, qui a constamment soulevé les questions liées à la liberté d'expression, tant à l'intérieur de la Tunisie que sur la scène internationale, pendant les jours les plus noirs du pays, tandis qu'on a exprimé librement des opinions sur la façon dont se déroule la transition. 

"Les menaces à la liberté d'expression et aux autres droits fondamentaux de la personne ne sont pas disparues de Tunisie le 14 janvier ", dit Virginie Jouan, la chef de mission, qui représente l'Association mondiale des journaux et des éditeurs de nouvelles (AMJ-IFRA). "Garantir et protéger les droits essentiels en cette phase extraordinaire de transition démocratique, surtout en prévision des élections du 24 juillet, est d'une importance absolument critique. Il faut entendre les voix plurielles et entreprendre des débats informés pour que le peuple de Tunisie puisse continuer à participer à la vie politique de manière efficace et façonner son propre avenir. " 

La délégation, qui comprenait des représentants de l'Association mondiale des radiodiffuseurs communautaires (AMARC), du Réseau arabe d'information sur les droits de la personne (Arab Network for Human Rights Information, ANHRI), d'ARTICLE 19, de Index on Censorship, du PEN de Norvège, du Comité des écrivains en prison du PEN International et de l'AMJ-IFRA, a entendu dans quelle mesure certaines des vieilles menaces concernant la censure et la désinformation sont toujours bien présentes. Une différence notable, cependant, depuis le 14 janvier : les Tunisiens exercent pleinement leur liberté retrouvée de dénoncer publiquement de telles menaces. 

Dans le cadre d'un projet lancé en janvier 2010, la phase actuelle du programme du TMG de l'IFEX qui porte sur la censure est menée en partenariat avec l'Observatoire pour la liberté de presse, d'édition et de création (OLPEC), de Tunis. Dans l'étude de ce qui a changé pour le mieux au chapitre de la censure, surtout depuis que les rapports des missions précédentes soulignaient les effets dévastateurs du contrôle répressif que l'ancien régime exerçait sur tous les aspects de la société, les sept groupes membres de la mission du TMG de l'IFEX ont pu déterminer quels sont les changements nécessaires afin de rehausser la situation de la liberté d'expression en Tunisie. 

Les membres de la mission du TMG de l'IFEX ont mis en lumière une série de questions qui nécessitent une attention immédiate si la transition vers une société démocratique représentative doit réaliser les droits fondamentaux de la liberté d'expression : 

• Les effets négatifs persistants de l'ancien régime sur le processus de transition sur de nombreux aspects de la société, en particulier dans les médias. 
• Les médias ne sont pas préparés à répondre aux demandes extraordinaires que présente cette période de transition. 
• L'Instance nationale pour la réforme de l'information et de la communication n'a pas les ressources nécessaires pour remplir efficacement son rôle d'organisme consultatif. 
• L'Instance devrait recevoir un soutien dans l'élaboration de lignes directrices et de processus clairs afin d'assurer l'allocation des permis de radiodiffusion à des exploitants qui ont le potentiel de contribuer au pluralisme et à la diversité. 
• Il y a un besoin immédiat de mesures de transition destinées à accroître le pluralisme et la diversité dans le paysage audiovisuel à l'approche des élections. 
• On doit procéder à une consultation vaste et transparente auprès des intervenants avant l'adoption de quelque législation que ce soit dans le domaine des médias. 
• Les journalistes tunisiens ont besoin de soutien dans leurs efforts constants pour renforcer leurs compétences et leurs normes professionnelles, surtout en prévision des élections imminentes. 
• Les organisations de la société civile ont également besoin d'une capacité d'intervention afin de continuer à jouer un rôle dirigeant pendant le processus de transition et au-delà. 
• Tout en accueillant favorablement les mesures destinées à éliminer la censure de l'Internet, il faut travailler davantage pour mettre fin au contrôle centralisé de l'infrastructure de l'Internet. 

Un rapport complet sur la mission d'avril, comprenant des recommandations exhaustives, sera rendu public lors de l'Assemblée générale de l'IFEX le 1er juin à Beyrouth, avec publication de communiqués à Tunis et sur le plan international. Pendant toute la mission, la délégation a renforcé, au nom de tout le TMG de l'IFEX, l'engagement durable qu'elle a pris envers la Tunisie et a souligné que la coopération entre les défenseurs nationaux et internationaux de la libre expression demeure aussi importante que jamais en cette période cruciale de transition. 

 

Aucun commentaire:

Enregistrer un commentaire